UN ENTOURAGE MERVEILLEUX

 

Nouvelle de Gérard MOREL parue dans le N° 259

de la Revue de l’Amicale des Cadres de la Police (Décembre 2016)

 

AAAaaargh! Au secours!

…Eh oui, je n’en suis pas fière, mais c’est moi qui viens de pousser ce hurlement ridicule. Suffisant pour faire sursauter au passage la plupart de mes invités qui commençaient à se servir à boire, sur la terrasse. Penaude et rougissante, je me vois contrainte de leur avouer:

-Pardonnez-moi. Mais j’ai cru voir une araignée. Enorme, avec des pattes velues... Elle rampait vers la jarre de géranium, et je n’ai pas pu me retenir de hurler. Je suis confuse!

Comme toujours dans ce genre de circonstances, ils répondent poliment que n’importe qui en aurait fait autant à ma place. Tout en s’éloignant prudemment de la jarre de géranium...

Seul Galdric, mon neveu, qui a douze ans et qui se prend encore pour le fils naturel de Tarzan, tient à nous prouver son courage en se précipitant pour soulever la jarre. L’énorme araignée rampe lourdement, et file chercher refuge sous un buisson de feuilles d’acanthe.

-Je t’aurai! lui crie Galdric, en se prenant au jeu.

Et il pourchasse l’animal terrorisé sous les feuilles d’acanthe. Au passage, il saccage d’ailleurs la moitié de mon massif, mais il interrompt brusquement ses cris d’indien pour me regarder, soudain presque aussi terrorisé que moi:

-Tatie, d’où elle vient, cette bête ? C’est bizarre, on dirait une araignée-malmignathe, de celles dont la piqûre est mortelle pour l’homme...

J'interdis à Galdric de plaisanter sur un tel sujet, suffisant pour m’empêcher de dormir... S’il veut se rendre intéressant, il n’a qu’à reprendre son enquête sur la reproduction des libellules!

-Je t’assure, Tatie, que je suis sérieux. On a étudié les araignées l’an dernier, avec le professeur de sciences naturelles. Et la tienne ressemble exactement à la photo du livre de classe. C’est sûrement une malmignathe.

Avec l’enthousiasme de ses douze ans, il a déjà oublié ma phobie des araignées et me supplie, comme pour un cadeau:

-Si j’arrive à l’attraper, tu me donneras du formol, pour que je puisse la conserver et la montrer à notre prof ?

Je promets n’importe quoi, pourvu qu’il arrête ce jeu idiot. Il s’enfuit vers mon laboratoire, et en revient avec un filet à la main, ce qui lui permet de capturer l’animal.

-La pauvre! Elle est toute engourdie, elle n’est pas encore habituée au climat...

Même mon mari, qui adore les enfants et particulièrement notre neveu, commence à trouver que Galdric en fait trop:

-Arrête de nous bâtir tout un roman avec ton insecte, s’écrie-t-il en fronçant les sourcils. Tu as réussi à effrayer ta tante! Et tu vas lui gâcher sa journée...

Là, mon cher époux exagère. Car je suis en train de vivre l’un des plus beaux jours de ma vie, et ce n’est pas la présence d’une araignée qui m’empêchera d’en profiter. Ni même l’imagination enfiévrée de mon neveu.

En effet, cet après-midi, tous les gens que j’aime sont réunis sur la terrasse de notre propriété pour fêter joyeusement le succès scientifique que je viens d’obtenir. Après cinq années de recherches dans mon laboratoire, je viens de trouver un vaccin et un remède contre le virus de Ducoux-Barrèges: une affreuse maladie, dont on ne parle guère parce qu’elle concerne une personne sur un million, mais qui achemine lentement ses victimes vers la folie et la mort.

Il ne me reste plus qu’à convaincre un laboratoire pharmaceutique de commercialiser mon idée, et la maladie de Ducoux-Barrèges disparaîtra de la planète. Peut-être en tirerai-je d’ailleurs un certain bénéfice financier, mais à vrai dire ce n’est pas ce qui m’importe le plus. J’aime mon activité de chercheuse scientifique, et je rêve surtout d’améliorer le sort de mes semblables.

Pascal, mon mari, est ravi que j’aie enfin pu vaincre ce virus, que nous surnommions familièrement « Monsieur Ducoux-Barrèges », et qui m’obsédait depuis cinq ans.

Moi, d’ordinaire si méticuleuse, j’en étais même arrivée, cette année, à négliger la cuisine et le ménage. Pascal, merveilleusement compréhensif envers mes préoccupations de scientifique, avait alors proposé d’engager une jeune fille au pair pour me seconder à la maison. Il avait lui-même publié une petite annonce, ce qui lui a permis de recruter Ingrid Van Heer, une ravissante suédoise aussi efficace que dévouée.

-A propos, dis-je à Pascal, je me demande comment nous allons annoncer à Ingrid que nous n’avons plus besoin de ses services. Elle est si attachée à nous...

-Voyons, me rassure-t-il, ne t’inquiète pas de ce détail. Ingrid est venue en France pour achever ses études. Dans moins d’un an, elle retournera dans son pays. On peut bien la garder jusque là. Et cela te permettra de te reposer. Tu as bien mérité quelques mois de vacances, ma chérie.

Il est adorable, n’est-ce pas ?!

Maman sourit malicieusement:

-Prenez garde, Pascal. Si Jacqueline se sent inactive, elle est tout à fait capable de se lancer dans la lutte contre un nouveau virus...

Cette garden party est aussi chaleureuse que décontractée, et je me répète encore une fois que je suis vraiment heureuse.

Alors que tant de chercheurs vivent en ermite, victimes de leurs sinistres réputations, j’ai la chance de posséder un entourage merveilleux, composé de gens fiers de mes travaux et indulgents pour mes défauts. En contrepartie, bien entendu, je les adore, tous:

-Pascal, le meilleur des époux. A qui je regrette seulement de n’avoir jamais pu donner d’enfant.

-Maman, qui depuis son veuvage, habite un pavillon à trois cents mètres de chez nous.

-Véronique, tout à la fois ma sœur et ma confidente. Elle nous donne régulièrement Galdric, son fils à garder, parce qu’elle sait que mon mari adore les enfants.

-Ingrid, la plus dévouée des jeunes filles au pair.

...Et j’ai failli oublier Jean-Roger Cusin: le dernier arrivé dans notre cercle d’amis. C’est d'ailleurs lui qui m’a indirectement donné l’envie de chercher un remède au virus de Ducoux-Barrèges, car sa femme en est atteinte. Jean-Roger la soutient de son mieux, et il parvient à demeurer optimiste.

Je n’ose encore rien lui promettre, mais j’ai bon espoir que mon vaccin permette un jour à son épouse de marcher à nouveau et de retrouver une vie normale.

Au moment où je tends à Jean-Roger un nouveau verre de punch, il en profite pour m’interpeller:

-Ma chère Jacqueline, je ne comprends pas pourquoi vous avez toujours refusé de devenir membre d’un institut national de recherches. Il aurait suffi que vous renonciez à votre indépendance, et vous compteriez aujourd'hui parmi les plus grands savants français...

Bien sûr, pour me donner le beau rôle, je pourrais lui laisser croire que j’ai agi par modestie. Mais je déteste l’hypocrisie et je lui confie donc:

-En réalité, il y a un obstacle stupide qui me ferme à jamais les portes de tous les centres scientifiques: j’ai une peur farouche des insectes. Moi qui puis passer des heures sur un microscope à observer le comportement des virus les plus contagieux, je me mets à hurler ou trembler bêtement dès que je croise un insecte. C’est idiot, mais je n’y peux rien.

Jean-Roger a suffisamment de tact pour ne pas sourire de cette phobie ridicule, contre laquelle j’ai lutté en vain durant toute mon adolescence. A cette époque, je me reprochais d’autant plus cette aversion envers les insectes, que je voyais ma sœur Véronique attraper des papillons, caresser des scarabées et dresser des araignées, elle qui n’avait aucun besoin de manipuler ces horribles bestioles, puisqu’elle se destinait à une carrière littéraire.

-La vie se montre souvent injuste, rappelle Jean-Roger. J’ai connu le même problème, quand j'ai voulu m'engager dans la Marine. Moi qui ne rêvais que de voyages au long cours, je suis sujet au mal de mer...

De toasts en bavardages, la garden party se prolonge jusqu’à minuit.

...C’est seulement le surlendemain que je commence à avoir peur. Dès que Véronique, ma sœur, me téléphone, je perçois dans sa voix une intonation étrangement angoissée.

-Allo, Jacqueline ? J’ai hésité un moment, mais je préfère te prévenir, même si c’est épouvantable...

Et, dans un souffle de panique, Véronique me raconte que Galdric, très fier de lui, a montré à son professeur de sciences l’araignée qu’il avait capturée chez nous. Or, celui-ci a été catégorique. Il s’agit bien d’une malmignathe. De celles dont la piqûre est mortelle.

Je commence par m’extasier sur les dons d’observation de Galdric, ...avant de réaliser ce que sous-entend ma sœur :

-Mais comment cet animal est-il arrivé jusqu’à ma terrasse ?!

Véronique insiste:

-Justement. Le professeur de Galdric affirme qu’il n’y a pas d’araignées-malmignathes en France. Il faut donc admettre que quelqu’un l’a déposée près de toi, juste avant que tu ne la voies... Le coupable doit être l’un de tes invités.

Elle ne sait plus quoi ajouter, et raccroche presque aussitôt. Me laissant seule avec mes interrogations... Pourtant, j’ai beau réfléchir, je ne vois personne capable de me faire une blague aussi stupide. Et dangereuse, puisque la piqûre de ces araignées est mortelle. A moins que l’on ait voulu me tuer ? Cette hypothèse est encore plus invraisemblable, car personne n’a rien à attendre de ma mort. Et de toute façon, j’ai une confiance absolue dans mon entourage.

N'est-ce pas ?

Le seul que je dérange un peu, en consacrant trop de temps à mes expériences, c’est mon mari. Mais il m’aime assez pour me le pardonner.

Hier encore, tandis que je montais l’escalier du laboratoire, en tenant mes chaussures à la main pour ne pas risquer d’introduire dans notre pavillon des substances toxiques, je l’ai surpris en train de bavarder avec Ingrid:

-...Mais non, Jacqueline ne se doute de rien. Elle est bien trop préoccupée par le résultat de ses expériences!

-Vous en êtes sûr ? a insisté notre jeune fille au pair.

-Absolument, a confirmé Pascal. On pourrait faire ça dimanche prochain. Même avec des soupçons, elle n’imaginerait jamais qu’on renouvelle la chose huit jours plus tard.

Pour qu’ils ne devinent pas que j’ai surpris leur secret, j’ai violemment claqué la porte d’entrée, tout en lançant un « Coucou » tonitruant!

Mon mari s’est immédiatement précipité sur un livre, tandis qu’Ingrid faisait semblant de revenir de la cuisine. A vrai dire, ils sont si maladroits que, même si je n’avais rien entendu, il m’aurait suffi de les regarder pour deviner qu’ils me cachent quelque chose... Je les aurais peut-être même suspectés de sombres manigances, si leur dialogue ne m'avait pas totalement rassurée. Evidemment, j’ai tout compris: ils veulent organiser en secret une petite fête, car nous approchons de notre anniversaire de mariage (dont, bien entendu, j’ai encore oublié la date exacte!!!)

Et mon mari, qui ne sait jamais quoi m’offrir, a probablement demandé à Ingrid d’aller choisir un cadeau susceptible de me plaire. Au risque de me répéter, ils sont charmants!

-Une découverte comme la vôtre, m’interroge Ingrid, un matin, cela doit rapporter beaucoup d’argent, non ?

Je préfère lui enlever ses illusions. Certes, quelques initiatives médicales ont assuré la fortune de leurs auteurs, mais le cas reste exceptionnel. Le plus souvent, ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui récupèrent les bénéfices en commercialisant le produit. D’ailleurs, bien que j’aie déjà informé les sociétés médicales de mes résultats, aucune d’entre elles n’a encore daigné me répondre.

-Alors, pourquoi vous donnez-vous tant de mal ?

-Ingrid, vous auriez dû remarquer que je ne suis pas une femme d’argent mais de vocation. J’aime l’idée de faire avancer la science, même si c’est prétentieux. Et je serai très heureuse si, grâce à moi, quelques personnes entrevoient un espoir de guérison. Que pourrais-je demander de plus ? Mon mari gagne assez d’argent pour nous faire vivre, et j’ai la chance de posséder, avec vous tous, un entourage merveilleux.

Puisque nous en sommes aux confidences, je lui confie que j’ai remarqué chez elle certains signes qui ne trompent guère. Et j'en déduis que nous serons bientôt un peu plus nombreux, lors des prochaines garden parties, hein ?

Soudain confuse, Ingrid se met à rougir, mais je la rassure:

-Ma chère petite, vous devez vous douter que j’ai fait des études de médecine. Il y a déjà quelque temps que j’ai remarqué des changements en vous. Votre teint, votre regard, et une foule de gestes inconscients qui trahissent en vous la future mère. J’espérais que vous m’en informeriez la première: vous savez bien que mon mari et moi adorons les enfants, même si nous n’avons jamais réussi à en avoir.

Elle prétend qu’elle redoutait ma réaction. Et qu’elle préférerait que nous changions de sujet. Dommage, car j’aurais été curieuse de connaître le nom du père... Ingrid est une jeune fille extrêmement discrète, et je croyais qu'elle consacrait tout son temps à l’apprentissage du français.

Bien que je ne sois en général guère curieuse, la question finit par me tarauder. Au point que, le soir-même, j’interroge mon mari. Mais Pascal n’a aucune opinion:

-D'abord, cela ne nous regarde pas, me rappelle-t-il, un peu choqué par mon insistance.

Soit. Je me tais. D’ailleurs, ce que j’en disais, c’était uniquement par souci du bonheur d’Ingrid.

Elle est si gentille! Hier encore, elle a profité d’un instant où je cherchais mes lunettes pour glisser dans l’oreille de Pascal:

-Jacqueline ne se doute toujours de rien, c'est incroyable...

Et mon mari a rétorqué, d’un ton blasé:

-Cela ne me surprend guère. Elle ne s’est jamais intéressée qu’à la recherche scientifique. Ah, vivement dimanche...!

Au fil des jours, j’ai vraiment hâte moi aussi, de découvrir ce qu’ils m’ont réservé pour ce dimanche. A voir les regards entendus de Ingrid et de Pascal, je pressens que ce sera une journée mémorable...

Seule, ma sœur Véronique conserve intactes ses inquiétudes. Elle me téléphone chaque soir pour me demander si j’ai résolu l’énigme de l’araignée venimeuse.

Pour la rassurer, je lui rappelle en riant le proverbe, « Araignée du soir, espoir... » Même si, au fond de moi, je me sens moins sereine que je ne parais. J’aimerais comprendre pourquoi on a lâché près de moi cet insecte ?

Heureusement, la présence à mes côtés de Pascal et Ingrid me protège.

Dès le samedi suivant, ils ne dissimulent même plus leurs sourires de connivence. Avec une allure de conspirateur de théâtre, Pascal insiste pour m’emmener faire une promenade dans la forêt voisine. Je le suis, sans comprendre..

Tout se clarifie brusquement, à notre retour. Car Ingrid a profité de notre absence pour disposer sur la terrasse une table de fête. Et les invités de la semaine dernière applaudissent notre arrivée. Pourquoi ?

-C’était une surprise, sourit Pascal en me prenant dans ses bras. Lundi dernier, Ingrid a reçu un appel des laboratoires Gardinier. Ils sont très intéressés par ta découverte et te proposent un contrat fabuleux si tu leur consens l’exclusivité de tes recherches. Une pareille nouvelle, ça se fête, n’est-ce pas ?

Ingrid m’embrasse, en ajoutant:

-C’est pour cette raison que je vous demandais si vous espériez décrocher la fortune avec votre vaccin. Je voulais mesurer à quel point vous seriez étonnée.

Ma sœur rappelle fièrement qu’elle a toujours su que je finirais célèbre, et Maman affirme que je devrais déjà postuler pour le prix Nobel.

Même Jean-Roger, notre voisin, est ému aux larmes en me tendant une flûte de Champagne. Seul, mon neveu Galdric paraît soucieux. Et, au moment où je m’apprête à trinquer avec mes amis, il s’approche pour murmurer à mon oreille:

-Tu es malade ? J'ai vu Jean-Roger mettre des gouttes dans ton verre ?

Je commence par éclater de rire, ...mais un doute m’effleure. Jean-Roger, lui, insiste pour trinquer, comme pour me pousser à boire plus vite. Je lui demande ce qu’il a versé dans mon champagne, et cette question anodine suffit à le rendre livide. J’ai peur de comprendre...

-Voyons, Jean-Roger, que se passe-t-il ?

Maintenant, tout le monde nous observe. Et lui, tremblant, se met à pleurer. Ses nerfs lâchent, tandis qu’il avoue:

-Comprenez-moi. Oui, c’est vrai, j’ai tenté de vous tuer à deux reprises. Mais je suis maladroit dans le meurtre comme dans ma vie. La semaine dernière, j’ai voulu improviser un crime parfait en apportant cette araignée tropicale. Je croyais qu’avec vos réflexes de scientifique, vous vous précipiteriez sur elle pour l’étudier, et que sa piqûre serait mortelle. Je connais bien ces insectes depuis mon séjour aux Indes... Mais j’avais compté sans votre phobie des araignées. Et tout à l’heure, je ne me suis pas méfié de votre neveu. A son âge, on observe tout...

Face à un tel aveu, je ne sais que répondre. A tout hasard, je questionne, comme dans les feuilletons télévisés:

-Mais, ...pourquoi, Jean-Roger ?

-Tous mes soucis viennent de vous, et surtout de votre gentillesse complètement inconsciente. Vous êtes obsédée par vos travaux scientifiques, et vous ne remarquez rien de ce qui se passe autour de vous. C’est vous qui m'avez présenté Ingrid, dont je suis immédiatement tombé amoureux. Elle m’a annoncé le mois dernier qu’elle attendait un enfant, NOTRE enfant. J’allais enfin pouvoir fonder une vraie famille, sitôt après mon veuvage. Mais c’est vous, encore, qui avez choisi juste ce moment pour trouver un remède susceptible de guérir ma femme. Quand vous me l’avez annoncé, en m’invitant à votre garden party, j’ai voulu vous empêcher à tout prix de commercialiser ce traitement contre le virus de Ducoux-Barrèges. J’étais pressé de devenir veuf, comprenez-moi...

Et moi qui me donnais tant de mal pour lui!

Maintenant, Ingrid pleure, effondrée sur une chaise, Maman crie à l’assassin, et la garden party est fichue!

Seul, Galdric est fier de lui... Tandis que ma sœur pavoise:

-Ouf, j’avais si peur que ce soit ton mari le coupable...

Quelle idée! Pour ma part, je n’ai jamais suspecté Pascal, je sais trop à quel point il m’est attaché. Et, pendant qu’il téléphone à la police, je me rapproche de lui, tout en me répétant une fois encore que je suis une femme vraiment heureuse...

Avec les revenus que me promettent les laboratoires Gardinier, nous allons pouvoir garder Ingrid à notre service. Nous l'aiderons à élever son bébé jusqu'à ce qu'elle lui trouve un père, si possible moins dangereux que Jean-Roger.

...Et voici que je me remets à hurler!

-Ciel, s'exclame ma sœur, ça recommence! Qui a encore tenté de...

Mais non, personne n'a voulu me tuer. Simplement, je viens d'apercevoir un mulot sur le muret de la terrasse. Or, ne le répétez pas, mais je déteste les mulots ! Presque autant que les araignées!!!